Jauge de voltage indiquant les limites et l'intensité

Ton corps est une machine extraordinaire d’adaptabilité. Il évolue en permanence en fonction des contraintes que tu lui imposes. Pour le pire et pour le meilleur.

Soulève des charges plus lourdes, régulièrement, tu deviendras plus fort. Augmente tes quantités de nourriture, ton corps va stocker. Diminue les quantités, il va puiser dans les réserves. Reste assis pendant des heures au bureau chaque jour, tu vas perdre de la mobilité dans les hanches et dans le dos, ta posture va s’adapter.

Lorsque tu t’entraînes, tu cherches à faire évoluer ton corps dans une direction. Tu cherches à repousser ses limites, petit à petit. Avec le temps la physiologie de ton corps s’adapte, ce qui lui permet de continuer à fonctionner de manière optimale.

Seulement si tu en demandes trop à ton corps, tu vas dépasser ses limites. Pour répondre à la contrainte que tu lui infliges, il va rentrer en sur régime, et c’est là que tu vas créer des problèmes. Douleurs, tendinites, entorses, fractures…

Objectif marathon, arrivée, tout le monde a dépassé ses limites

De plus en plus de monde se fixe aujourd’hui comme objectif de réaliser un marathon. Super, c’est un bel objectif. Ils savent qu’en s’entrainant bien pendant 1 an ils pourront le réaliser. Et c’est souvent vrai. Mais à quel prix ?

Ce n’est pas parce que ton corps PEUT le faire, qu’il est PRÊT à le faire.

Pour un effort aussi intense qu’un marathon, ton corps a besoin de temps pour s’adapter à cette exigence sans exploser les compteurs. Il ne faut pas s’étonner de voir la plupart des gens être confronté au moins une fois à une tendinite durant une préparation à un marathon. Et le jour J, durant la course, le corps dépasse ses limites, des douleurs oubliées depuis longtemps resurgissent, on attend le deuxième souffle, on s’accroche pour ne pas craquer…

Les coureurs réguliers de marathon eux, ne sont pas arrivés là en s’entraînant pendant un an. Ils ont commencé par des courses plus courtes, pendant des années. Et une fois à l’aise dans ces distances, ils sont passé à la distance supérieure, petit à petit. Du 10 km au 15km. Du 15 km au semi-marathon. Du semi au marathon. Ils ont laissé le temps à leur corps de s’habituer à ces efforts. C’est ce qui permet à des athlètes de très haut niveau d’enchainer marathon sur marathon, Ironman sur Ironman.

Le plus grand coureur de l’histoire, Emil Zátopek, l’est devenu en repoussant sans cesse les limites de son corps par une recherche de progression intense dans ses entraînements et non en préparant des échéances à venir.

Le plus grand coureur de l'histoire Emil Zátopek en plein marathon

Mon discours n’est surtout pas de te dire de revoir tes objectifs à la baisse, au contraire, mais plutôt de ne pas infliger trop d’intensité à ton corps si celui-ci n’est pas encore prêt. A ce sujet va voir mon article sur la technique et l’intensité.

Ecoute les signaux d’alarme que t’envoie ton corps et tu sentiras la différence entre repousser tes limites et les dépasser.